Le lapin et l’homme


Pour le lapin de garenne, l’homme est considéré comme un prédateur . Par voie de conséquence, si un homme est détecté dans l’environnement proche du lapin celui-ci fuit, si possible dans son terrier.

Chez le lapin domestique ce réflexe a été presque totalement aboli, mais le lapin reste quand même un être hypersensible à toute variation brutale de son environnement et donc à l'apparition brutale d'un homme. Ce qui peut le déranger c'est le "brutal", pas l'homme en lui même.
Le lapin domestique continue en effet à chercher à fuir si un homme apparaît brusquement dans son environnement . Il faut donc toujours prévenir les lapins de sa présence. Cela revient à dire qu'en entrant dans un élevage, il faut "dire bonjour" aux animaux à haute voix pour qu'ils sachent que quelqu'un arrive. Porter des vêtement toujours de la même couleur sera un petit plus, les lapins assimilant facilement la personne ainsi habillée à une situation normale non agressive.

De plus, plusieurs travaux de recherche ont clairement démontrée qu’un contact physique précoce des lapereaux avec l’homme (avant le sevrage), par exemple lors des manipulations nécessaires aux pesées, réduit l’hypersensibilité des animaux et améliore les performances ultérieures (en particulier meilleure croissance et réduction de la mortalité en engraissement). On peut penser que cela correspond à une moins grande fréquence de décharges d’adrénaline.
Ainsi, dans leur travail publié en 1996, Jiezierski et Konecka ont montré que des lapins manipulés tous les jours entre la naissance et 30 semaines
(pris à la main et caressés 1 à 2 minutes, puis reposés dans la cage) ont une meilleure croissance et sont moins malades pendant l'engraissement que les témoin non manipulés (tableau 1). Lors d'un test effectué en fin d'essai, les lapins qui avaient été manipulés se sont avérés plus actifs, plus hardis que ceux qui n'avaient pas été manipulés. En clair ils étaient habitués à la présence de l'homme.

Il n'est pas nécessaire que la manipulation soit effectuée tous les jours pour avoir un effet sur le comportement des lapins. En effet, Duperray et Adelis ont montré en 1992, que la simple manipulation au cours de leur 3ème semaine de vie nécessitée par l'identification et la pesée des lapereaux sous la mère, suffit à réduire la mortalité en engraissement, les animaux étant moins stressable après cette première manipulation précoce (figure 1)

Tableau 1 : Essai polonais de Jiezierski et Konecka (1996) sur 114 lapins manipulés ou non tous les jours de la naissance à 30 semaines

Figure 1 : Essai français de Duperray et Adelis (1992)

sur 1256 lapins en engraissement classique.

Effet d’une manipulation unique avant sevrage.

 

 

Les organes des sens du lapin

Pour comprendre une grande partie des comportements il est nécessaire de connaître le fonctionnement des organes des sens des lapins. Tout comme l'homme, le lapin dispose de 5 sens :

 

Pour les relations avec l’environnement lointain :
la vue et l’ouïe
Pour les relations à courte et moyenne distance :
l’odorat et le toucher
Pour les relations de contact avec les aliments:
le goût